Une culture du secret bien ancrée

(Ce billet a été écrit par Gilles Dauphin)

La mairesse sortante d’Outremont, Marie Cinq-Mars, aura terminé son mandat là où elle avait commencé, en tenant autant les conseillers/ères que la population dans l’ignorance. Qu’il s’agisse de simples données sur les accidents/crimes/vols dans l’arrondissement ou d’une entente avec un ex-conseiller politique poursuivi au criminel, madame Cinq-Mars cultive le secret à un niveau presque inimaginable.

30 septembre 2013 : les statistiques secrètes du pdq 24

On apprend dans une lettre du 20 août 2013 adressée au directeur général de l’arrondissement par le commandant du poste de quartier 24 que : «  il existe déjà un mécanisme d’échange (d’information) établi entre la Mairie de l’arrondissement et le poste de quartier. La mairesse en fonction des responsabilités propres à chacun des élus peut diffuser les informations qu’elle juge à propos ». Cette lettre faisait suite à une proposition présentée par Céline Forget, le 8 juillet 2013, afin de mandater le directeur d’arrondissement pour qu’il entreprenne les démarches nécessaires auprès du commandant François Leblanc du pdq 24 pour obtenir les statistiques d’accidents, de crimes et de vols sur le territoire. Ces statistiques étaient distribuées aux élu(e)s par le passé et sans raison, ils ne les recevaient plus, malgré les nombreuses demandes et démarches de Céline Forget à cet effet.

Si vous croyez avoir mal lu, détrompez-vous. La mairesse a non seulement décidé unilatéralement de ne plus transmettre aux conseiller/ères des données essentielles pour les prises de décision du Conseil concernant la sécurité sur le territoire de l’arrondissement mais, de plus, elle a laissé adopter la résolution tout en sachant qu’elle avait en main les informations demandées … et en continuant à les garder pour elle-même.

8 février 2010 : entente secrète avec Jean-Claude Patenaude

C’est grâce à une intervention publique de Céline Forget en séance du conseil à propos du vague libellé « Dépôt des demandes de paiement sans bon de commande » que nous avons pu finalement apprendre que l’arrondissement d’Outremont avait conclu une entente secrète avec l’ancien conseiller politique de l’équipe Harbour dont faisait partie Marie Cinq-Mars.

Or, en pleine période électorale en 2009, Jean-Claude Patenaude révélait entre autres que « La réunion du lunch des conseillers municipaux du vendredi, ça me revenait à 400 dollars et c’est moi qui ramassais l’addition sur mon compte de dépense que l’arrondissement me remboursait ». Jean-Claude Patenaude devint par la suite étrangement silencieux. Nous comprenons aujourd’hui qu’il était en négociation avec l’administration d’Outremont puisque l’entente s’est finalement conclue dans le secret le 25 novembre 2009 et comprenait la disposition suivante : « Les parties s’engagent à ne pas critiquer, commenter ou émettre des propos pouvant nuire à l’autre partie en public y incluant ses représentants, fonctionnaires ou élus en relation avec les événements antérieurs à la fin d’emploi du plaignant ».

Madame Cinq-Mars fait alors valoir que le directeur de l’arrondissement a pu le faire sans en informer et consulter les membres du conseil d’arrondissement. Vous y croyez vous ? Ah oui, et cette entente que madame Cinq-Mars refusait véhément de rendre publique et bien, une citoyenne a pu l’obtenir par la Loi d’accès à l’information.

Est-ce qu’il y en a qui se demande encore à quoi ça sert d’élire une conseillère municipale indépendante ?

 

Publié sous Communiqués, Démocratie
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